La voix de l'humour d'une belle et "chouette Nénette" - Interview avec Marina Cars

Dernière mise à jour : sept. 14


© Photo : Majda Delmas - Push talents


Il est dans la vie, autant d'expressions, de façon de nous décrire, de nous parodier, de nous imiter, sur nos postures, sur nos attitudes, sur nos façons de parler, sur nos façons de dire, que de représenter avec justesse nos émotions. Qu’elles soient de l’ordre de la colère, de la tristesse, du rire et de ses éclats, il est cette difficulté suprême de refléter l’essentiel, le beau, l’unique, l’incroyable de chaque être. La tâche est grande et osée pour qui s’y risque, je vous l’accorde ! D’autant plus, si l’on souhaite mettre le tout en œuvre avec délicatesse, intelligence et sincérité. J’en connais pourtant une, qui a pour arme et sans nez de clown : L’HUMOUR. Elle le manie sans nous singer, sans se moquer méchamment ou bêtement des personnages croisés dans sa vie. Non ! Elle choisit d’y mettre du joli, du drôle juste, de l’équilibre et de la mesure entre le trop et le pas assez. Elle a cette façon de nous secouer de rire et de nous divertir de nous, pour que la magie soit et que ses sketchs opèrent des guérisons enchanteresses à nos âmes blessées et transforment dès lors l’atmosphère en rigolades instantanées. Mais plutôt que d’en témoigner, je vous invite à la rencontrer sans plus tarder.


Virginie Servaes : Chère Marina, je n'en crois pas mes yeux, je suis comme une enfant, je suis tellement contente de vous rencontrer!


Marina Cars : Bonjour Virginie, moi aussi cela me fait plaisir.


V : Voici une toute première question parmi les incontournables du blog "La Voix du Coaching", en cette mi-juillet, que nous dit votre voix de vous Marina?


M : Elle dit que je vais bien. Que je suis très apaisée. Les mois de confinement m’ont permis de me retrouver, d’être très en paix avec moi-même et de prendre conscience de beaucoup de choses. Comme une forme de maturité ou d'un nouveau passage, un petit "pas sage" qui ce serait invité! Un sentiment que l’âge joue beaucoup et prend toute son importance. J’ai eu 34 ans au mois de juin et j’ai eu cette impression que passé 30 ans on s’embête moins, on sait ce que l’on veut, que je grandis. Bien parce qu'en ce moment je suis loin de Paris donc je ne suis pas stressée. Cela faisait des années que ce n’était pas le cas. Avant le confinement, je jouais tous les soirs, j'étais dans un rythme très soutenu, très stressant. Là je suis très bien et ça me fait du bien de le dire !


V : Et cela se voit ! Vous avez un parcours atypique, pourriez-vous nous en conter quelques bribes? Avez-vous toujours été humoriste ?


M : Tout s’est fait très lentement. Depuis toute petite, j’ai toujours eu envie d’être comédienne mais pas d'être humoriste spécialement. J'étais une enfant passionnée par tout ce qui touche à l'art et la création. Je participais à des spectacles de danse, des pièces de théâtre soutenue par mes proches et un public chaleureux et bienveillant comme on s'est être à Charleville-Mézières, ma ville d'origine. Après le bac, je suis descendue à Paris où j'ai pendant deux ans suivi les cours à l'école de théâtre l'EICAR, (école de comédie et d'audiovisuel). C'est pendant cette période que c'est affirmé le fait que j'aimais de plus en plus l'improvisation et faire rire.


V : Pendant cette période comment viviez-vous ?


Je faisais des petits boulots, j’ai été vendeuse, hôtesse d’accueil, j'ai fait pleins de petits jobs, tout en passant des castings. Ce n'était pas évident et cela va vous sembler étrange, mais je suis quelqu'un de timide, qui a du mal à aller vers les gens, à me vendre, donc pour les castings, j’étais en stress à chaque fois. En plus c’est un milieu difficile où comme on nous le dit, il y a « peu d’élus ». Donc faut savoir prendre sa place et ça c'était compliqué. C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire mes propres spectacles, pensant me faire connaître comme ça. Alors ce n'était pas le plus simple chemin mais c’est celui qui me correspondait le mieux. J’ai commencé à écrire des sketchs en me faisant aider. Et encore une fois tout s'est fait très lentement. Je n’ai pas vécu tout de suite de mon métier d'artiste, comme je l'ai dit, je travaillais à côté, je passais des auditions et le soir je jouais sur des" plateaux d’humour" où on était payé au chapeau. Autre épreuve, sachant que le public vient parce que c'est gratuit et qu'en plus c'est le public parisien qui est très difficile et rarement acquis. Donc c'est vraiment sur le terrain que je me suis faite.


© Photo : Christine Coquilleau


V : Quel était le nom du premier spectacle que vous avez écrit et joué ?


M : C'était en 2013, "Marina Cars l’ouvre un peu". Mais mon premier vrai spectacle c'était "Toutes des Saintes" monté et joué en 2015-2016, entr'autre au théâtre des Trois Bornes à Paris.


V : Et comment est né ce succès et l'adhésion de milliers de personnes sur les réseaux ?


M : Dans le même temps sont apparus les Youtubeurs, l’application Vine sur laquelle il y avait toutes sortes de petites vidéos de quelques secondes, qui étaient virales. Tout le monde autour de moi me disait qu’il fallait absolument que j’en fasse, pour me faire connaître, que j'allais remplir ma salle de spectacle, parce qu'en plus c'est moi qui payait la salle et c'était lourd à gérer. J’ai ouvert ma page Facebook et fait des vidéos avec mon téléphone et ça a marché.


V : L'inspiration est venue tout de suite?


M : Oui. Le premier style de vidéo qui a fonctionné se passait dans une voiture et je parlais de Justin Bieber. Comme ça a plu j'ai poursuivi. Je tournais avec d'autres personnes souvent en duo, ou plus. Avec toujours pour lieu commun, la voiture. C'était des vidéos musicales en playback, un peu légères, drôles et à la fois très nostalgiques, puisque je reprenais le répertoire des années 90 et 2000! Ça a parlé à beaucoup de générations et beaucoup de filles aussi. Ce succès web a permis de remplir mes salles de spectacle, d’avoir le statut d’intermittente, de vivre enfin de ce métier et de ne plus faire de petits boulots à côté.


V : Cela a du être formidable de passer ce cap et de vivre enfin de votre passion?

M : Oui, même si j’estime que je n’ai pas vraiment "galéré", parce que j’ai toujours eu un toit sur la tête, de quoi manger et qu'aujourd'hui je vis de mon métier. Même si il y a toujours des hauts et des bas, des imprévisibles, c'est une chance. Quand j'ai arrêté de tourner les vidéos en voiture, parce que j'en avais fait le tour, les salles se sont moins remplies. J’ai créé un autre concept, depuis un an, où je joue des personnages féminins dans des situations différentes. C’est super cool parce que d'une part, on me voit en tant que comédienne et d'autre part, ça correspond aussi au nouveau spectacle que je prépare pour la rentrée de septembre. Les personnages vont passer du téléphone à la scène. Ce sera bien de retrouver les gens qui me suivent et qui sont aussi dans l'attente de me voir sur scène. Voilà les grandes lignes de mon parcours.


V : Vous travaillez avec une équipe ?


Au début j’avais une prod et puis les choses évoluent et font que maintenant je gère tout toute seule. J’aime bien ça en fait que tout dépende de moi (sourire). Je me dis, que si ça marche, ça marche et si ça ne marche pas, ça ne marche pas. Dans tous les cas, quelque soit le résultat ce sera grâce ou à cause de moi et j’aime ça.


V : Vous exprimiez un manque de confiance, de timidité dans ce milieu pour « vous vendre», vous mettre en avant dans un casting, où en êtes-vous aujourd’hui par rapport à cela ?


M : J’ai toujours ce cliché de l’artiste qui n’a pas confiance en lui quand il monte sur scène. C’est pourquoi je me suis toujours intéressée au développement personnel, au coaching de vie, pour avoir des clés pour comprendre, des Tips à appliquer. Aujourd’hui certaines situations peuvent s'avérer encore compliquées. Mais ça va bien mieux. Je sais c'est fou, je monte sur scène et je joue devant plein de personnes sans problème et dans la vie de tous les jours je peux m'affoler par timidité, perdre mes moyens, je ne sais pas pourquoi (rires)! J’apprends à l’accepter, ça fait parti de moi et puis je fais confiance au destin.


© Photo : Majda Delmas - Push talents


V : On a l’impression qu’il y a l’envie d’être vue et reconnue tout en restant cachée derrière le rideau ? C'est un peu ça ?


M : Oui, c’est très bizarre comme sentiment, je suis très timide. D’ailleurs après un spectacle, beaucoup de gens ont envie de me rencontrer en vrai et c'est normal, certains me suivent sur les réseaux sociaux, donc ils ont envie de prendre des photos, de me parler, ça me fait vraiment plaisir et en même temps ça m'intimide. J'avoue que quelquefois après mon spectacle, je n'ai qu'une envie c’est de partir et d’être dans ma chambre. Je peux ressentir la même chose quand je suis invitée chez des gens par exemple, qu’il y a beaucoup de monde, je ne suis pas forcément à l’aise dans ces situations-là et je me fais toute petite.

En fait j'aime être en petit comité dans la vie et en méga ultra bonne compagnie XXL dans mon travail.


V : Je suis presque comme vous ! Il semble Marina que ce soit votre nature profonde et c'est ce qui fait qui vous êtes. D'ailleurs beaucoup d'artistes sont plus ou moins à l’aise hors du contexte scénique. Quand les projecteurs s'éteignent,