La voix et l'image avec la photographe Laurine Matt đŸ‡«đŸ‡· 🇬🇧

DerniĂšre mise Ă  jour : 21 juin 2021


© Photo : Autoportrait - Laurine Matt


L’image est ce miroir essentiel Ă  nos mimiques, Ă  nos reflets d’ñmes et d’émotions, Ă  nos apparences et apparats. Il est cette autre voix de nous-mĂȘme, celle qui ne dit pas mais qui se voit ! TantĂŽt brutes, tantĂŽt douces, sublimĂ©es, retouchĂ©es, crues, intenses, les photos sont notre quotidien de souvenirs, indispensables Ă  la transmission de nos descendances et interrogent les humains que nous sommes. Laurine MATT est de ces rares photographes qui « shoot » au rythme de ses clics, pour clichĂ©s chic-choc-classe. Écoutons-lĂ  nous livrer son histoire, oĂč la voix de « son Homme », Mathias HOLDER s’invite discrĂštement.


© Photo : @paulinaweddings - ModÚles Laurine Matt & Mathias Holder


Virginie Servaes : ChÚre Laurine Matt, bonjour, je suis si heureuse de vous accueillir sur le Blog de la Voix du coaching. Il est plusieurs questions incontournables pour tous les invités du Blog, la toute premiÚre :

En ce joli mois de Mai et période toute particuliÚre de sortie en douceur du 3Úme confinement, que nous dit votre voix de vous ?


Laurine Matt : Tout d’abord Virginie, merci de m’accueillir sur La Voix du Coaching et de m’interviewer. Je suis touchĂ©e. Pour rĂ©pondre Ă  cette question, je dirais que certainement, ma voix correspond Ă  la mĂ©tĂ©o extĂ©rieure qui est complĂštement dans le mouvement, dans le changement, solaire, vent, ça bouge ! Il y a beaucoup de choses qui se passent, comme des tempĂȘtes intĂ©rieures oĂč les choses doivent sortir ! Je n’ai pas pour habitude de communiquer, l'oral ce n’est pas forcĂ©ment ma force et pour autant cela vient Ă  moi, comme aujourd’hui ! Comme quoi les choses doivent ĂȘtre partagĂ©es autrement et pas que visuellement. Donc lĂ , le mois de Mai m’amĂšne Ă  la parole et c’est assez beau.


V : Votre parcours est juste atypique et incroyable, pourriez-vous nous le décrire en quelques mots ? Quelques phrases ?


L : En faisant court, car sinon cela prendrait des heures (sourire), mon parcours rassemble un brin de courage, de folie, de lĂącher-prise, d’échecs aussi, de peurs, parce qu’il y en a eu suite Ă  des choses particuliĂšres vĂ©cues en tant que femme ; et aussi se relever et s’élever !

Plus on laisse les Ă©checs du dĂ©but derriĂšre nous et plus on Ă©volue ! Et waouh, c’est tellement beau ce qui m’a Ă©tĂ© amenĂ© ensuite !

La dĂ©couverte de qui je suis est liĂ©e Ă  la photo. La photo, sur le corps, pour m’accepter comme je suis, avec tout ce qui a pu sortir de moi
 me libĂ©rer de mes Ă©motions ! Ça a Ă©tĂ© une telle expĂ©rience. Et maintenant, c’est moi qui libĂšre les Ă©motions des autres.


V : Afin que nos lecteurs comprennent bien, vous avez commencé par une carriÚre de modÚle, ou autre chose ?


L : J’ai commencĂ© par des Ă©tudes de marketing et en mĂȘme temps j’ai Ă©tĂ© contactĂ© pour faire des photos. Je ne pouvais pas, je travaillais en alternance dans le domaine du vin. DĂšs que j’ai eu fini mes Ă©tudes, je suis venue Ă  Paris.

Paris a Ă©tĂ© trĂšs compliquĂ© pour moi, j’ai vĂ©cu dans 15 m2, je ne connaissais personne


Les agences de mannequins me disaient « non, non, non, vous n’avez pas le profil...», je n’avais pas de book, je n’avais rien comme bagage. Et pendant un an ça a Ă©tĂ© la galĂšre !

Jusqu'Ă  la rencontre avec un photographe qui m'a ouvert les premiĂšres portes et celles des voyages ! J’ai mieux marchĂ© Ă  l’étranger qu’ici !


© Photo : Céline Russo - Portrait de Laurine Matt


AprĂšs 5-6 ans oĂč j’ai posĂ© en tant que modĂšle, New York a Ă©tĂ© une des villes qui m’a ouvert Ă©normĂ©ment d'opportunitĂ©s. Et aprĂšs, beaucoup de photographes pour lesquels j’ai posĂ©, qu’ils soient amĂ©ricains ou français m’ont dit : « Mais pourquoi tu ne passes pas de l’autre cĂŽtĂ© de l'objectif ? ». Et moi, je ne comprenais pas et je me disais : « Qu’est-ce que je peux faire ? Je n'ai pas le style, je ne sais pas ! ». Et finalement, je me suis lancĂ©e en m'appuyant sur cette expĂ©rience, en effet, j'ai beaucoup appris en posant. Maintenant je suis photographe et je m’épanouie tellement !


V : Alors justement qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donnĂ© il y ait eu ce switch ? Car au-delĂ  des photographes qui vous ont encouragĂ©, aviez-vous, vous aussi, cette envie d’ĂȘtre Ă  la fois dans l’ombre et la lumiĂšre ?


L : Oui, j’ai eu ce dĂ©clic parce qu’ils me l’ont dit, ils croyaient en moi et moi non. Mais en fait, lorsque j’ai eu l’appareil dans les mains, wow ! J’ai trouvĂ© mon style et je me suis beaucoup plus libĂ©rĂ©e. Parce qu’au dĂ©but, je recopiais le style d’autres personnes, ce qui m'a figĂ© dans un schĂ©ma ! Puis il y eut un moment oĂč je me suis mise dans une Ă©nergie, j’ai eu le besoin de libĂ©rer, de lĂącher quelque chose qui Ă©tait en moi ! Donc de capturer qui Ă©taient les gens, j’étais dans une autre dĂ©marche oĂč j’interrogeais les personnes, ce qui a donnĂ© mon style !

La photo, l’art en gĂ©nĂ©ral m’ont toujours passionnĂ©. Je m’exprime comme ça ! J’ai fait de la peinture petite, c’était le moyen d’expression pour moi.

Et maintenant, faire de la photo et amener aux autres ce que moi j’ai vĂ©cu me parait essentiel et normal.


© Photo : Mathias Holder - Laurine Matt "Action shooting"


V : Comment dĂ©finissez-vous votre style aujourd’hui ? Qui ĂȘtes-vous en tant qu’artiste-photographe Laurine ?


L : C’est simple et compliquĂ© comme question


La premiĂšre des choses pour moi est de capter la lumiĂšre, le naturel, de capter qui est l’autre, de capturer vraiment l’ñme, et par rapport Ă  cela, mon style se crĂ©Ă© sur les tons que je vais mettre entre ombre et lumiĂšre. Des tons foncĂ©s, qui peuvent sembler un peu durs mais qui font ressortir qui est la personne, son regard, son mouvement. Quand je photographie, j’ai envie de capturer tout ça. Je n’ai pas envie de prendre en photo que des gens modĂšles, au contraire. Je veux des personnes authentiques, des Ăąmes... Je veux de la vie ! Je photographie parfois des couples, des artistes, des hommes, quels qu’ils soient... Il est important d’apprendre Ă  se connaĂźtre, Ă  les connaĂźtre et de comprendre leur dĂ©marche.


V : Vous avez l’air d’ĂȘtre une photographe, permettez-moi, extrĂȘmement libre, comme si vous vous affranchissiez des codes, un peu rock 'n' roll en mĂȘme temps. Comme si, ce que vous alliez chercher chez les autres Ă©tait aussi votre petit brin de folie mais dans le bon sens.

On sent dans votre travail que votre souhait est que la personne ose ĂȘtre elle-mĂȘme totalement et dans sa plus grande libertĂ©. Est-ce que vous le mesurez ?


L : Ah mais c’est beau, j’adore la folie ! Le rock 'n' roll me parle. Effectivement, j’ai pris du temps pour aller vers cette libĂ©ration moi-mĂȘme et j’essaye Ă  ma maniĂšre de faire en sorte que l’autre se libĂšre. Je pense que c’est essentiel. Si on me propose un projet fou, j’y vais tout de suite. Par exemple, si une personne veut poser nue, je prends tout de suite, je n’ai pas de limite, pas de jugement avec ça.


© Photo : Céline Russo - ModÚle Laurine Matt


V : Vous disiez en introduction que vous avez traversĂ© des phases de hauts, de bas, bien Ă©videmment vous me direz le chemin de tout Ă  chacun. Pourtant on ressent que cela n’a pas Ă©tĂ© simple pour vous. Justement, est-ce que dans votre entourage, l’acceptation de vos mĂ©tiers, que vous soyez modĂšle ou photographe a Ă©tĂ© bien accueillie ? Avez-vous Ă©tĂ© soutenue par les autres ?


L : Les hauts et les bas je les ai vĂ©cus seule, ça a Ă©tĂ© mĂȘme essentiel car j’ai eu ma pĂ©riode trĂšs compliquĂ©e dans le mannequinat au moment oĂč je suis arrivĂ©e Ă  Paris, comme je vous le disais. Les circonstances et le milieu de la mode Ă©taient trĂšs durs, le diktat de la femme objet rĂ©gnait. Les comportements dĂ©placĂ©s de certains photographes, entre autres choses Ă©taient trĂšs prĂ©sents Ă©galement. Je suis revenue aprĂšs cette phase Ă  la maison et personne n’était conscient de ce que j’avais pu traverser. Mes parents ne comprenaient pas ce que je faisais.


C’est au moment oĂč j’ai posĂ© nue que cela les a interrogĂ©. Par exemple, ma mĂšre se demandait « Qu’est-ce qu’on a pu faire
 ? ». En mĂȘme temps, j’avais 20 ans Ă  cette Ă©poque et je comprends. MalgrĂ© tout, c’est mon pĂšre qui a mieux accueilli la nouvelle et c’est grĂące Ă  lui que ma mĂšre a acceptĂ© que je fasse ce type de photos. Ma mĂšre a compris le jour oĂč ils ont Ă©tĂ© invitĂ©s Ă  une expo et oĂč un nu artistique de moi, mĂȘme si on ne voyait qu’un bras et le ventre, Ă©tait exposĂ©. C’est lĂ  que ma mĂšre a fait « WOW ». Elle avait compris que je ne faisais pas des photos qui allaient atterrir sur des sites pornographiques. C'est aussi Ă  cet instant, oĂč, nous nous sommes rejointes totalement, car sachez que ma maman est aussi l'artiste de la famille. Elle a su me transmettre le goĂ»t du beau, de la peinture, de la crĂ©ativitĂ©...

A l’inverse, le mĂ©tier de photographe n’a posĂ© de problĂšmes Ă  personnes, aussi bien pour les amis, que la famille, bien au contraire.

Dans l’ensemble, j’ai eu de la chance qu’ils ne m’aient pas stoppĂ©e.


V : Je comprends parfaitement. Quel parallĂšle faites-vous avec la voix, car vous, finalement, votre mode d’expression est avant tout celui de l’image, du langage du corps et la captation de l’ñme des autres. Vous-mĂȘme, dans votre mode d’expression, vous ĂȘtes plus Ă  l’aise avec l’aspect physique et votre corps parlant. Qu’est-ce qui fait que cela ne s’exprime pas autrement, alors que l'on sent que vous avez pleins de choses Ă  dire ?


L : Belle question que vous me posez


Effectivement, je pense que je m'exprime essentiellement visuellement, parce que le corps est mon Ă©tat d'Ă©motion. Quand on parle de mise Ă  nu, pour moi, c’est ce qui se voit, ce qui se dĂ©tecte, que ce soit la joie, la tristesse, la colĂšre, j’aime exprimer et capter cela.


© Photo : April Aston Mc Kay - ModÚle Laurine Matt


V : En fait, que souhaitez-vous exprimer, par exemple : un nu de vous, ça dit quoi ?


L : Il y a d’abord les cicatrices que j’ai sur le corps, il y a mes grains de beautĂ© que je n’arrivais pas Ă  assumer mais qui sont lĂ . Aujourd’hui, je dis que cela fait partie de moi, de mon Ăąme, et ça me permet de les accepter. Un jour, un photographe m’a dit qu'ils Ă©taient comme des constellations. Cela m’a beaucoup marquĂ© et touchĂ©. Par ailleurs, je peux aussi ĂȘtre Ă  nu si on prend un portrait de moi, car on capte autant l’intimitĂ© dans mes yeux. Le nu m’a aidĂ© Ă  me connecter profondĂ©ment Ă  qui je suis et Ă  comprendre finalement que peu importe si j’ai les cheveux bouclĂ©s, si je suis blonde
etc., j’accepte qui je suis.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai acceptĂ© l’interview, pour dire qu’il ne faut jamais rien lĂącher, quels que soient les Ă©checs, quel que soit qui on est, on peut toujours aller au-delĂ , il y a toujours une bonne Ă©toile.

Par exemple, quand je me suis retrouvĂ©e Ă  New-York avec 300 € en poche pour tenir 3 mois, j’étais en stress, la peur d’ĂȘtre dehors dans la rue et il s’est trouvĂ© que j’ai fait les plus belles rencontres qui ont tout enclenchĂ©.

V : Il est clair que vous nous permettez Ă  nous aussi d’oser. Vous nous tendez la main pour que nous soyons sous votre objectif tels que nous en avons envie finalement. Que l’on soit habillĂ© ou nu, vous nous laissez maĂźtres de nos choix. Vous ĂȘtes aussi un exemple, puisque dans le mannequinat, vous avez osĂ© ĂȘtre celle que vous souhaitiez et non pas celle qu’ils souhaitaient que vous soyez. Vous imposez qui vous ĂȘtes, vous prenez votre place, c’est pourquoi je disais tout Ă  l’heure que vous ĂȘtes un peu punk, anarchique, rock 'n' roll...


L : Ça me touche ce que vous me dites.


V : Encore une petite chose avant de venir aux petites questions incontournables du blog ; vous avez sorti un livre oĂč j’ai pu lire de jolies phrases de votre maison d’édition, qui y dĂ©crit votre alchimie, la vision que vous avez des personnes, du monde qui vous entoure. Cela va bien au-delĂ  de prendre une simple photo. Ce livre relate ce que vous avez rencontrĂ© et vĂ©cu au fil de vos voyages. En fait, Ă  travers celui-ci, vous ĂȘtes une personne qui ouvre la voie Ă  d’autres champs que ceux de

l’image : percevoir au-delà de l’image.


L : Eh bien, j’ai des frissons en entendant vos mots et en mĂȘme temps j’ai chaud au ventre, car cela me ramĂšne dans ces Ă©nergies vĂ©cues. Ce livre est un aboutissement en tant que modĂšle et photographe et pas juste pour moi, c’est un partage de ce que j’ai pu vivre avec les personnes rencontrĂ©es. Cela Ă©tait non planifiĂ©. Suite Ă  un voyage en AmĂ©rique Latine qui m’a amenĂ© Ă  la rencontre d’énergies diverses, dont je ne soupçonnais mĂȘme pas l’existence, notamment avec les 4 Ă©lĂ©ments : le feu, la terre, l’eau, l’air. Je me suis aussi trouvĂ©e prĂšs d’un volcan en Ă©ruption, j’ai rencontrĂ© des chamans, des personnes qui travaillent avec le feu, avec les chants et moi, j’ai voulu traduire cela en images. Je souhaitais qu’elles soient aussi magiques que ce que je pouvais vivre. Dans ce livre, je me montre en tant que femme nue, non pas pour me montrer, mais pour que tous les humains se retrouvent au travers de cette communion avec tout ce qui m’entourait.


© Photo : Autoportrait - Laurine Matt


V : Bravo, cela fonctionne bien. J’ai envie de dire que ce livre est un tĂ©moignage de vous et au-delĂ . Posons-nous un instant : racontez-nous vos voyages, vous qui avez parcouru le globe, car mĂȘme eux ne sont pas communs. Il ne s’agissait pas juste de partir avec un appareil photo autour du cou et de photographier des monuments
 Il est Ă©vident que dans votre objectif, vous alliez Ă  la rencontre des habitants, des lieux visitĂ©s.


L : Mon premier Ă©lectrochoc a Ă©tĂ© Singapour, ville un peu jungle, j’avais 20 ans. S’en est suivi New-York, ville qui m’a Ă©levĂ©e dans la photo : le rĂȘve amĂ©ricain, car ensuite j’ai enchaĂźnĂ© avec la Californie, l’Utah, le Texas


AprĂšs, j’ai deux pays coup de cƓur d’AmĂ©rique Latine, oĂč je pourrai certainement vivre :

le Mexique et la Colombie ! Cela m’a vraiment connectĂ© Ă  la nature, aux animaux


Dans le mĂȘme temps, j’étais dans des situations dangereuses : comme par exemple en Honduras oĂč les hommes avaient des flingues Ă  chaque coin de rue, mĂȘme s’il ne m’est rien arrivĂ© en fin de compte.

Cependant, c’est Ă  Paris oĂč j’ai eu le plus de problĂšmes avec les comportements des hommes et en Turquie.

LĂ -bas, les hommes pensaient que comme je posais, j’étais accessible, facile, limite Ă  vendre sur le marchĂ©.

Et cela va vous sembler Ă©trange, mais la Turquie est un coup de cƓur aussi : avec Constantinople, entre autres, chargĂ©e d’histoire, le Bosphore, l’eau, les couleurs orangĂ©es dans le ciel


Aujourd’hui, j’aimerais y retourner mais c’est vraiment trop dangereux...


V : Vous avez mis un autre projet en Ɠuvre et c’est par ce biais que je vous ai rencontrĂ©. Il est sans enjeu. Vous vous exposez en photo avec « votre Homme » Mathias Holder. Qu’est-ce qui vous a donnĂ© envie Ă  tous les deux de poser votre amour aux yeux du monde ?


L : On aime la photo tous les deux et l’amour est l’essence de tout pour nous. Pourquoi ne pas le partager, dĂ©montrer ce bonheur d’ĂȘtre Ă  deux. Donc tout simplement, nous avons crĂ©Ă© une page sans nous demander l’impact que cela aurait.


© Photo : @paulinaweddings - ModÚles Laurine Matt & Mathias Holder


V : Chers lecteurs, sachez que Mathias (photographe également) est aussi à nos cÎtés. Donc la question que je vous pose Mathias : pourquoi avoir eu envie de poser avec Laurine ?


Mathias Holder : C’était pour lui faire plaisir avant tout (sourire).


V : Qu’est-ce qui vous plait, vous intĂ©resse dans la photographie ?


M : Eh bien, comme Laurine, c’est de capter les caractùres des personnes, ce qu’elles ne peuvent pas dire. Je trouve que dans chaque photo, on peut voir au travers des masques que les personnes peuvent porter !

Les lumiĂšres, les couleurs, il y a tellement de belles choses auxquelles on ne fait pas trop attention. La photographie les met en valeur autour de nous.


@ben_la_peill pour l'agence privilÚge - © Laurine Matt


V : Quel est votre parcours en parallĂšle de la photographie ?


M : A l’origine, je suis technicien en Ă©lectricitĂ© et informatique et je me tourne maintenant vers l’artistique.


V : En tout cas, ce que vous nous montrez tous les deux, c’est la soliditĂ© du couple. Dans ce projet oĂč vous avancez Ă  petits pas japonais et vous vous laissez porter par le vent, qu’est-ce qui vous intĂ©resse dans cette intimitĂ© partagĂ©e ?


M : J’ai eu beaucoup de mal avec l'intimitĂ© au dĂ©part prise en photo. Mais c’est une belle chose de pouvoir s’ouvrir, ĂȘtre soi, s’accepter et la photographie le permet.


L : En fait, ce que nous mesurons, c’est que nous avons la chance de pouvoir nous montrer tels que nous sommes et que ce qui va ĂȘtre captĂ© restera naturel. Nous n’allons pas le rechercher exprĂšs. Nous partageons en y mettant de l’amour autour.


V : Passons Ă  nos petites questions incontournables.

Qu'est-ce qui vous inspire dans la vie ?


L : Tout. La vie m’inspire, les choses de la vie, la peine, la joie, la tristesse, les Ă©motions. Le vivant. Je ne suis pas inspirĂ©e par les statues ! Alors qu'un plat peut m'Ă©mouvoir, car il y a l’ñme de quelqu’un dedans. La vie simplement est mon inspiration. Je suis inspirĂ©e quand je suis en mouvement car il m’amĂšne dans l’échange, dans la rencontre. Cela provoque des Ă©lectrochocs et c’est fort ce que je vis alors. Par exemple, comme ces deux jours de PentecĂŽte Ă  Paris. C’est « wow », ça me ressource.


V : Qu’est-ce qui vous pousse toujours plus loin et pourquoi ?


L : J’en n’ai jamais assez. J’en veux toujours plus. Je ne suis jamais satisfaite de ce que je fais. Je veux pouvoir faire plus, donner plus, m’élever. Je ne veux pas me contenter de choses acquises.


@stessyncindy pour l'agence privilÚge - © Laurine Matt


V : Quelle jeune femme ĂȘtes-vous en 2021 ?


L : En 2021, je pense ĂȘtre une jeune femme ouverte, accessible, je n’ai plus peur de dire ce que je pense, de partager, de maniĂšre visuelle ou orale. Je suis une femme comblĂ©e.


V : Quel sera votre petit pas d’aprùs ?


L : Continuer Ă  communiquer, donner l’envie, comme vous, c’est beau ce que vous faites sur La Voix Du Coaching avec vos interviews auprĂšs d’artistes qui communiquent diffĂ©remment, je trouve ça gĂ©nial.


V : Que dites-vous aujourd’hui Ă  la petite fille / la petite Laurine que vous Ă©tiez ?


L : La petite Laurine Ă©tait muette. Elle a bien fait d’ĂȘtre calme, elle a eu raison de construire cette bulle de protection, de se prĂ©server.


V : Encore une petite chose, quels sont vos 3 mots inspirants du moment et que vous accepteriez de partager avec nos lecteurs ?


L : Croyance, Libération, Spiritualité.


V : Merci infiniment Laurine car j’aurai passĂ© des heures fabuleuses avec vous, notamment le shooting mais c’est un autre sujet. Merci Ă©galement Ă  Mathias. C’est un beau projet que vous portez tous les deux.


L : Merci de votre confiance, je suis touchĂ©e que vous m’ayez choisie parce qu’à Paris, il y a tellement de personnes dans l’art. Je suis trĂšs heureuse.

Quel bel instant privilégié aux cÎtés de Laurine, en cette journée parisienne.

Chers lecteurs, nous vous invitons Ă  dĂ©couvrir son exposition qui aura lieu Ă  Paris du 8 au 10 Juillet, avec l'Ă©quipe de la Belle Étoile ! En attendant, usez et abusez des liens de ses sites et de la lecture de son bel ouvrage.


Prenez soin de vous !


© Photo : Laurine Matt


Mise en page : Cynthia Akel



 

Voice and image with photographer Laurine Matt



© Photo : Self-portrait - Laurine Matt


The image is this essential mirror to our facial expressions, to our reflections of souls and emotions, to our appearances and pageantry. There is this other voice of ourselves, the one which does not say but which can be seen ! Sometimes raw, sometimes soft, sublimated, retouched, intense, photos are our daily memories, essential to the transmission to our descendants and which question the humans that we are. Laurine MATT is one of those rare photographers who “shoot” at the rate of her clicks, for chic-choc-class shots. Let us listen to her story, in which the voice of "her Man", Mathias HOLDER is discreetly invited.


© Photo : @paulinaweddings - Models Laurine Matt & Mathias Holder


Virginie Servaes : Dear Laurine Matt, hello, I am so happy to welcome you to La Voix Du Coaching Blog. There are several recurrent questions for all blog guests, here is the first one : In this beautiful month of May and a very special period of soft exit to our 3rd lockdown, what is your voice telling us about yourself ?


Laurine Matt : First, Virginie, thank you for welcoming me on La Voix Du Coaching and for interviewing me. I'm touched. To answer this question, I would say that certainly, my voice corresponds to the weather outside which is completely in motion, in change, solar, windy, it moves ! There are a lot of things going on, like inner storms where things need to come out ! I'm not used to communicating, speaking is not necessarily my strength, however it seems to come easily to me today ! To the effect that things must be shared differently and not only visually. So there it is, the month of May brings me to talk and it’s quite beautiful.


V : Your career is just atypical and incredible, could you describe it to us in a few words ?


L : Keeping it short, because otherwise it would take hours (smile), my journey brings together a bit of courage, madness, letting go, failures too, fears, because there have been some following peculiar experiences as a woman ; and also stand up again and rise !


The more we leave the failures of the beginnings behind us, the more we evolve! And wow, it's so beautiful what was brought to me next !


The discovery of who I am is linked to photography. Photography, on the body, to accept me as I am, with everything that may have come out of me... Free me from my emotions ! It was such an experience. And now it’s me who is releasing other people's emotions.


V : Just so our readers can understand, did you start your career as a model, or as something else ?


L : I started out with marketing studies and at the same time I was contacted to take pictures. I couldn't as I worked in the wine industry. As soon as I finished my studies, I came to Paris. Paris was very complicated for me, I lived in a 15 sqm (160 sqf) studio apartment, I didn't know anyone...


The modeling agencies would tell me "no, no, no, you don't have the profile...", I didn't have a portfolio, I had no background in this field. And for a year it was a hassle !


Until I met with a photographer who opened the first doors to me and those of travel ! It worked better abroad than here !


© Photo : Céline Russo - Portrait of Laurine Matt


After 5-6 years as a model, New York has been one of the cities that has opened up so many opportunities to me. And after that, a lot of photographers I've posed for, whether American or French, said to me: "But why don't you go to the other side of the lens ?". And I didn't understand, and I was like, "What can I do ? I don't have the style, I don't know ! ". And finally, I started by relying on this experience, indeed, I learned a lot by posing. Now I am a photographer and I thrive so much!


V : So, what exactly caused this switch to occur at some point ? Because beyond the photographers who encouraged you, did you also have this desire to be both in the dark and in the light ?


L : Yes, I had that click because they told me, they believed in me and I didn't. But, when I got the device in my hands, wow ! I found my style and I freed myself a lot more. Because at first, I was copying other people's styles, which froze me in a certain diagram ! Then there was a moment when I put myself in an energy, I needed to release, to let go of something that was inside of me ! I needed to capture who the people were, I was in another process where I questioned people, which gave my style !


Photography, art in general have always fascinated me. I express myself like that ! As a little girl, I used to paint which was a mean of expression. And now, taking pictures and bringing what I have experienced to others seem essential and normal to me.


© Photo : Mathias Holder - Laurine Matt "Action shooting"


V : How do you define your style today? Who are you as Laurine, artist-photographer?


L : It's a simple and complicated question... The first thing for me is to capture the light, the natural, to capture who is the other, to really capture the soul, and in relation to that, my style is created on the tones that I will put between shadow and light. Dark tones, which may seem a little harsh but which bring out who the person is, their gaze, their movement. When I shoot, I want to capture it all. I don't want to take pictures of model people, on the contrary. I want genuine people, souls... I want life ! I sometimes photograph couples, artists, men, whoever they are... It is important to get to know each other, to know them and to understand their approach.


V : You seem like a photographer, allow me, extremely free, like breaking free from codes, a little rock 'n' roll at the same time. As if, what you were looking for in others was also your little bit of madness, but in a good way.


We can feel in your work that your wish is that the person dares to be completely himself/herself and in his/her greatest freedom. Are you measuring it ?


L : Ah but it's beautiful, I love madness ! Rock 'n' roll speaks to me. Indeed, I have taken time to move towards this liberation myself and I am trying in my own way to make the other free. I think this is essential. If I am offered a crazy project, I will go straight away. For example, if a person wants to pose nude, I take it right away, I have no limit, no judgment with that.


© Photo : Céline Russo - Model Laurine Matt


V : You said in the introduction that you have gone through phases of ups and downs, which are of course the likes of everyone. Yet we feel that it was not easy for you. In fact, has the acceptance of your jobs, whether as a professional model or a photographer, been well received by those around you ? Have you been supported by others ?


L : I experienced those Ups and Downs on my own, which was even essential because I had my very complicated period in modeling when I arrived in Paris, as I told you. The circumstances and the world of fashion were very harsh, the diktat of the woman object reigned. The inappropriate behavior of some photographers, among other things, was also very present. I came home after this phase and no one was aware of what I had been through. My parents didn't understand what I was doing.


It was when I posed nude that they questioned themselves. For example, my mother would ask herself, "What could we have done... ? ". At the same time, I was 20 and I did understand them. Even so, it was my father who received the news better and it was thanks to him that my mother accepted that I take these types of photos. My mom understood the day they were invited to an exhibition and an artistic nude shot by me, even though you could only see an arm and stomach, was on display. This is where my mom said "WOW". She understood that I wasn't taking pictures that were going to end up on pornographic sites. It is also at this moment, where, we connected completely, because my mom is also the artist of the family. She knew how to transmit to me the taste for beauty, painting, creativity...


On the other hand, the profession of photographer posed no problems for anyone, both for friends and family, quite the contrary.


Overall, I was lucky they didn't stop me.


V : I understand perfectly. What parallel do you make with the voice because you, ultimately, your mode of expression is above all that of image, body language and capturing the soul of others. Yourself, in your mode of expression, are more comfortable with the physical aspect and your speaking body. What is it that does not express itself differently, when it feels like you have a lot to say ?


L : Nice question
 Indeed, I think that I express myself primarily visually, because the body is my state of emotion. When we talk about baring, for me, this is what is seen, what is detected, whether it is joy, sadness, or anger, I like to express and capture that.


© Photo : April Aston Mc Kay - ModÚle Laurine Matt


V : In fact, what do you want to express, for example: a nude of you, what does that say ?


L : First there are the scars I have on my body, then there are my moles that I couldn't assume but they are there. Today I say they are part of me, of my soul, and it allows me to accept them. One day a photographer told me they were like constellations. It marked and touched me a lot. On the other hand, I can also be naked if a portrait of me is taken, because it captures the intimacy in my eyes so much. The nude has helped me connect deeply with who I am and ultimately understand that no matter how curly or blonde my hair are
 etc, I accept who I am.


This is also why I accepted the interview, to say that we must never let go, whatever the failures, whatever who we are, we can always go beyond. there is always a lucky star.


For example, when I found myself in New York with € 300 in my pocket to live for 3 months, I was under stress, the fear of being out in the street and it turned out that I did the most beautiful encounters that started everything.


V : It is clear that you are also allowing us to dare. You extend your hand to us so that we are under your lens as we ultimately want. Whether we are dressed or naked, you leave our choices to us. You are also an example, since in modeling you dared to be who you wanted and not who they wanted you to be. You impose who you are, you take your place, which is why I said earlier that you are a little punk, anarchic, rock 'n' roll...


L : Thank you, I am very touched by those words.


V : One more thing before coming to some of the famous questions of the blog ; you brought out a book where I read some pretty quotes from your publishing house, which describes your chemistry, your vision of people, of the world around you. It goes way beyond taking a simple photo. This book relates what you have encountered and experienced during your travels. In fact, through it, you are a person who opens the way to fields other than those of the image : to perceive beyond the image.


L : Well, I get chills hearing your words and at the same time my stomach is warm, as it brings back these lived energies. This book is a culmination as a model and photographer and not just for me, it is a sharing of what I have experienced with the people I have met. It was unplanned. Following a trip to Latin America which brought me to meet various energies, of which I did not even suspect the existence, in particular with the 4 elements : fire, earth, water, air. I also found myself near an erupting volcano, I met shamans, people who work with fire, with songs and I wanted to translate this into pictures. I wished they were as magical as I could possibly experience. In this book, I show myself as a naked woman, not to show myself, but for all humans to come together through this communion with all that surrounded me.


© Photo : Self-portrait - Laurine Matt


V : Well done, it works well. I want to say that this book is a legacy to you and beyond. Let's hold a moment : tell us about your travels, you who have traveled the globe, because even them are not common. It was not just a matter of leaving with a camera around your neck and photographing monuments... It is obvious that in your lens, you were going to meet the inhabitants and the places.


L : My first shock was Singapore, a kind of jungle city, I was 20 years old. New York followed, the city that brought me up in the photography: the American dream, because then I followed up with California, Utah, Texas...


Afterwards, I have two favorite countries in Latin America, where I can certainly live :


Mexico and Colombia ! It really connected me to nature, to animals...


At the same time, I was in dangerous situations: like for example in Honduras where men had guns on every corner, even though nothing happened to me in the end.


However, it was in Paris where I had the most problems with men's behavior and in Turkey.


There, the men thought that as I posed, I was accessible, easy, “sellable” at the market.


And this will seem strange to you, but Turkey is also a crush: with Constantinople, among others, steeped in history, the Bosphorus, the water, the orange colors in the sky... Today I would like to go back but it is just too dangerous...


V : You implemented another project and it is through this that I met you. It is without stake. You expose yourself in photo with "your Man" Mathias Holder. What made you both want to lay your love in the eyes of the world ?


L : We both love photography and love is the essence of everything for us. Why not share it, demonstrate the happiness of being together. So quite simply, we created a page without asking ourselves what impact it would have.


© Photo : @paulinaweddings - Models Laurine Matt & Mathias Holder


V : Dear readers, know that Mathias (also a photographer) is also by our side. So the question I am asking you Mathias : why did you want to pose with Laurine ?


Mathias Holder : It was to please her above all (smile).


V : What do you like, what interests you about photography ?


M : Well, like Laurine, it's about capturing people's characters, what they can't say. I find that in each picture, you can see through the masks that people can wear !


The lights, the colors, there are so many beautiful things that we don't pay too much attention to. Photography highlights them around us.


@ben_la_peill for l'agence privilÚge - © Laurine Matt


V : What is your background alongside photography ?


M : Originally, I was an electrical and computer technician and now I turn to the artistic.


V : In any case, what you are showing us both is the strength of the couple. In this project where you take small Japanese steps and you let yourself be carried away by the wind, what interests you in this shared intimacy ?


M : I had a lot of trouble with intimacy initially when the pictures were taken. But it's a beautiful thing to be able to open up, to be yourself, to accept yourself and photography allows that.


L : In fact, what we are measuring is that we are fortunate enough to be able to show ourselves as we are and that what is going to be captured will remain natural. We're not going to look for it on purpose. We share by putting love around it.


V : Let's move on to our usual questions. What inspires you in life ?


L : Everything. Life inspires me, the things of life such as grief, joy, sadness, emotions. The living. I am not inspired by statues! While a dish can move me because there is someone's soul in it. Simply put, life is my inspiration. I am inspired when I am on the move because it brings me into the exchange, into the encounter. It causes electric shocks and that’s what I am experiencing then. For example, like those two days of Pentecost in Paris. This is "wow", it refreshes me.


V : What pushes you further and why ?


L : I can't get enough. I always want more. I am never happy with what I do. I want to be able to do more, give more, lift myself up. I don't want to be satisfied with things that I take for granted.

@stessyncindy pour l'agence privilÚge - © Laurine Matt


V : What young woman are you in 2021 ?


L : In 2021, I think I am an open, accessible young woman, I am no longer afraid to say what I think, to share, visually or orally. I am a fulfilled woman.


V : What will be your next step ?


L : Continue to communicate, give envy, like you, it's great what you do on La Voix Du Coaching with your interviews, with artists who communicate differently, I find that great.


V : What do you say today to the little girl / the little Laurine that you were ?


L : Little Laurine was silent. She did well to be calm, she was right to build this bubble of protection, to preserve herself.


V : One more thing, what are your 3 inspiring words of the moment that you would agree to share with our readers ?


L : Belief, Liberation, Spirituality.


V : Thank you very much Laurine because I spent a wonderful time with you, especially the shoot, but that's another subject. Thanks also to you Mathias. It's a beautiful project that you both hold.


L : Thank you for your trust, I am touched that you chose me because in Paris there are so many people in art. I am very happy.

What a wonderful privileged moment alongside Laurine, on this Parisian day.

Dear readers, we invite you to discover her exhibition which will take place in Paris from July 8 to 10, with la Belle Étoile team ! In the meantime, use and abuse the links of her sites and read her beautiful book.


Take Care !


© Photo : Laurine Matt


Layout : Cynthia Akel

Translation : Sebastien Lapray

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