La voix et l'image avec la photographe Laurine Matt 🇫🇷 🇬🇧

Mis Ă  jour : il y a un jour


© Photo : Autoportrait - Laurine Matt


L’image est ce miroir essentiel à nos mimiques, à nos reflets d’âmes et d’émotions, à nos apparences et apparats. Il est cette autre voix de nous-même, celle qui ne dit pas mais qui se voit ! Tantôt brutes, tantôt douces, sublimées, retouchées, crues, intenses, les photos sont notre quotidien de souvenirs, indispensables à la transmission de nos descendances et interrogent les humains que nous sommes. Laurine MATT est de ces rares photographes qui « shoot » au rythme de ses clics, pour clichés chic-choc-classe. Écoutons-là nous livrer son histoire, où la voix de « son Homme », Mathias HOLDER s’invite discrètement.


© Photo : @paulinaweddings - Modèles Laurine Matt & Mathias Holder


Virginie Servaes : Chère Laurine Matt, bonjour, je suis si heureuse de vous accueillir sur le Blog de la Voix du coaching. Il est plusieurs questions incontournables pour tous les invités du Blog, la toute première :

En ce joli mois de Mai et période toute particulière de sortie en douceur du 3ème confinement, que nous dit votre voix de vous ?


Laurine Matt : Tout d’abord Virginie, merci de m’accueillir sur La Voix du Coaching et de m’interviewer. Je suis touchée. Pour répondre à cette question, je dirais que certainement, ma voix correspond à la météo extérieure qui est complètement dans le mouvement, dans le changement, solaire, vent, ça bouge ! Il y a beaucoup de choses qui se passent, comme des tempêtes intérieures où les choses doivent sortir ! Je n’ai pas pour habitude de communiquer, l'oral ce n’est pas forcément ma force et pour autant cela vient à moi, comme aujourd’hui ! Comme quoi les choses doivent être partagées autrement et pas que visuellement. Donc là, le mois de Mai m’amène à la parole et c’est assez beau.


V : Votre parcours est juste atypique et incroyable, pourriez-vous nous le décrire en quelques mots ? Quelques phrases ?


L : En faisant court, car sinon cela prendrait des heures (sourire), mon parcours rassemble un brin de courage, de folie, de lâcher-prise, d’échecs aussi, de peurs, parce qu’il y en a eu suite à des choses particulières vécues en tant que femme ; et aussi se relever et s’élever !

Plus on laisse les échecs du début derrière nous et plus on évolue ! Et waouh, c’est tellement beau ce qui m’a été amené ensuite !

La découverte de qui je suis est liée à la photo. La photo, sur le corps, pour m’accepter comme je suis, avec tout ce qui a pu sortir de moi… me libérer de mes émotions ! Ça a été une telle expérience. Et maintenant, c’est moi qui libère les émotions des autres.


V : Afin que nos lecteurs comprennent bien, vous avez commencé par une carrière de modèle, ou autre chose ?


L : J’ai commencé par des études de marketing et en même temps j’ai été contacté pour faire des photos. Je ne pouvais pas, je travaillais en alternance dans le domaine du vin. Dès que j’ai eu fini mes études, je suis venue à Paris.

Paris a été très compliqué pour moi, j’ai vécu dans 15 m2, je ne connaissais personne…

Les agences de mannequins me disaient « non, non, non, vous n’avez pas le profil...», je n’avais pas de book, je n’avais rien comme bagage. Et pendant un an ça a été la galère !

Jusqu'à la rencontre avec un photographe qui m'a ouvert les premières portes et celles des voyages ! J’ai mieux marché à l’étranger qu’ici !


© Photo : Céline Russo - Portrait de Laurine Matt


Après 5-6 ans où j’ai posé en tant que modèle, New York a été une des villes qui m’a ouvert énormément d'opportunités. Et après, beaucoup de photographes pour lesquels j’ai posé, qu’ils soient américains ou français m’ont dit : « Mais pourquoi tu ne passes pas de l’autre côté de l'objectif ? ». Et moi, je ne comprenais pas et je me disais : « Qu’est-ce que je peux faire ? Je n'ai pas le style, je ne sais pas ! ». Et finalement, je me suis lancée en m'appuyant sur cette expérience, en effet, j'ai beaucoup appris en posant. Maintenant je suis photographe et je m’épanouie tellement !


V : Alors justement qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné il y ait eu ce switch ? Car au-delà des photographes qui vous ont encouragé, aviez-vous, vous aussi, cette envie d’être à la fois dans l’ombre et la lumière ?


L : Oui, j’ai eu ce déclic parce qu’ils me l’ont dit, ils croyaient en moi et moi non. Mais en fait, lorsque j’ai eu l’appareil dans les mains, wow ! J’ai trouvé mon style et je me suis beaucoup plus libérée. Parce qu’au début, je recopiais le style d’autres personnes, ce qui m'a figé dans un schéma ! Puis il y eut un moment où je me suis mise dans une énergie, j’ai eu le besoin de libérer, de lâcher quelque chose qui était en moi ! Donc de capturer qui étaient les gens, j’étais dans une autre démarche où j’interrogeais les personnes, ce qui a donné mon style !

La photo, l’art en général m’ont toujours passionné. Je m’exprime comme ça ! J’ai fait de la peinture petite, c’était le moyen d’expression pour moi.

Et maintenant, faire de la photo et amener aux autres ce que moi j’ai vécu me parait essentiel et normal.


© Photo : Mathias Holder - Laurine Matt "Action shooting"


V : Comment définissez-vous votre style aujourd’hui ? Qui êtes-vous en tant qu’artiste-photographe Laurine ?


L : C’est simple et compliqué comme question…

La première des choses pour moi est de capter la lumière, le naturel, de capter qui est l’autre, de capturer vraiment l’âme, et par rapport à cela, mon style se créé sur les tons que je vais mettre entre ombre et lumière. Des tons foncés, qui peuvent sembler un peu durs mais qui font ressortir qui est la personne, son regard, son mouvement. Quand je photographie, j’ai envie de capturer tout ça. Je n’ai pas envie de prendre en photo que des gens modèles, au contraire. Je veux des personnes authentiques, des âmes... Je veux de la vie ! Je photographie parfois des couples, des artistes, des hommes, quels qu’ils soient... Il est important d’apprendre à se connaître, à les connaître et de comprendre leur démarche.


V : Vous avez l’air d’être une photographe, permettez-moi, extrêmement libre, comme si vous vous affranchissiez des codes, un peu rock 'n' roll en même temps. Comme si, ce que vous alliez chercher chez les autres était aussi votre petit brin de folie mais dans le bon sens.

On sent dans votre travail que votre souhait est que la personne ose être elle-même totalement et dans sa plus grande liberté. Est-ce que vous le mesurez ?


L : Ah mais c’est beau, j’adore la folie ! Le rock 'n' roll me parle. Effectivement, j’ai pris du temps pour aller vers cette libération moi-même et j’essaye à ma manière de faire en sorte que l’autre se libère. Je pense que c’est essentiel. Si on me propose un projet fou, j’y vais tout de suite. Par exemple, si une personne veut poser nue, je prends tout de suite, je n’ai pas de limite, pas de jugement avec ça.


© Photo : Céline Russo - Modèle Laurine Matt


V : Vous disiez en introduction que vous avez traversé des phases de hauts, de bas, bien évidemment vous me direz le chemin de tout à chacun. Pourtant on ressent que cela n’a pas été simple pour vous. Justement, est-ce que dans votre entourage, l’acceptation de vos métiers, que vous soyez modèle ou photographe a été bien accueillie ? Avez-vous été soutenue par les autres ?


L : Les hauts et les bas je les ai vécus seule, ça a été même essentiel car j’ai eu ma période très compliquée dans le mannequinat au moment où je suis arrivée à Paris, comme je vous le disais. Les circonstances et le milieu de la mode étaient très durs, le diktat de la femme objet régnait. Les comportements déplacés de certains photographes, entre autres choses étaient très présents également. Je suis revenue après cette phase à la maison et personne n’était conscient de ce que j’avais pu traverser. Mes parents ne comprenaient pas ce que je faisais.


C’est au moment où j’ai posé nue que cela les a interrogé. Par exemple, ma mère se demandait « Qu’est-ce qu’on a pu faire… ? ». En même temps, j’avais 20 ans à cette époque et je comprends. Malgré tout, c’est mon père qui a mieux accueilli la nouvelle et c’est grâce à lui que ma mère a accepté que je fasse ce type de photos. Ma mère a compris le jour où ils ont été invités à une expo et où un nu artistique de moi, même si on ne voyait qu’un bras et le ventre, était exposé. C’est là que ma mère a fait « WOW ». Elle avait compris que je ne faisais pas des photos qui allaient atterrir sur des sites pornographiques. C'est aussi à cet instant, où, nous nous sommes rejointes totalement, car sachez que ma maman est aussi l'artiste de la famille. Elle a su me transmettre le goût du beau, de la peinture, de la créativité...

A l’inverse, le métier de photographe n’a posé de problèmes à personnes, aussi bien pour les amis, que la famille, bien au contraire.

Dans l’ensemble, j’ai eu de la chance qu’ils ne m’aient pas stoppée.


V : Je comprends parfaitement. Quel parallèle faites-vous avec la voix, car vous, finalement, votre mode d’expression est avant tout celui de l’image, du langage du corps et la captation de l’âme des autres. Vous-même, dans votre mode d’expression, vous êtes plus à l’aise avec l’aspect physique et votre corps parlant. Qu’est-ce qui fait que cela ne s’exprime pas autrement, alors que l'on sent que vous avez pleins de choses à dire ?


L : Belle question que vous me posez…

Effectivement, je pense que je m'exprime essentiellement visuellement, parce que le corps est mon état d'émotion. Quand on parle de mise à nu, pour moi, c’est ce qui se voit, ce qui se détecte, que ce soit la joie, la tristesse, la colère, j’aime exprimer et capter cela.


© Photo : April Aston Mc Kay - Modèle Laurine Matt


V : En fait, que souhaitez-vous exprimer, par exemple : un nu de vous, ça dit quoi ?


L : Il y a d’abord les cicatrices que j’ai sur le corps, il y a mes grains de beauté que je n’arrivais pas à assumer mais qui sont là. Aujourd’hui, je dis que cela fait partie de moi, de mon âme, et ça me permet de les accepter. Un jour, un photographe m’a dit qu'ils étaient comme des constellations. Cela m’a beaucoup marqué et touché. Par ailleurs, je peux aussi être à nu si on prend un portrait de moi, car on capte autant l’intimité dans mes yeux. Le nu m’a aidé à me connecter profondément à qui je suis et à comprendre finalement que peu importe si j’ai les cheveux bouclés, si je suis blonde…etc., j’accepte qui je suis.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai accepté l’interview, pour dire qu’il ne faut jamais rien lâcher, quels que soient les échecs, quel que soit qui on est, on peut toujours aller au-delà, il y a toujours une bonne étoile.

Par exemple, quand je me suis retrouvée à New-York avec 300 € en poche pour tenir 3 mois, j’étais en stress, la peur d’être dehors dans la rue et il s’est trouvé que j’ai fait les plus belles rencontres qui ont tout enclenché.

V : Il est clair que vous nous permettez à nous aussi d’oser. Vous nous tendez la main pour que nous soyons sous votre objectif tels que nous en avons envie finalement. Que l’on soit habillé ou nu, vous nous laissez maîtres de nos choix. Vous êtes aussi un exemple, puisque dans le mannequinat, vous avez osé être celle que vous souhaitiez et non pas celle qu’ils souhaitaient que vous soyez. Vous imposez qui vous êtes, vous prenez votre place, c’est pourquoi je disais tout à l’heure que vous êtes un peu punk, anarchique, rock 'n' roll...


L : Ça me touche ce que vous me dites.


V : Encore une petite chose avant de venir aux petites questions incontournables du blog ; vous avez sorti un livre où j’ai pu lire de jolies phrases de votre maison d’édition, qui y décrit votre alchimie, la vision que vous avez des personnes, du monde qui vous entoure. Cela va bien au-delà de prendre une simple photo. Ce livre relate ce que vous avez rencontré et vécu au fil de vos voyages. En fait, à travers celui-ci, vous êtes une personne qui ouvre la voie à d’autres champs que ceux de

l’image : percevoir au-delà de l’image.


L : Eh bien, j’ai des frissons en entendant vos mots et en même temps j’ai chaud au ventre, car cela me ramène dans ces énergies vécues. Ce livre est un aboutissement en tant que modèle et photographe et pas juste pour moi, c’est un partage de ce que j’ai pu vivre avec les personnes rencontrées. Cela était non planifié. Suite à un voyage en Amérique Latine qui m’a amené à la rencontre d’énergies diverses, dont je ne soupçonnais même pas l’existence, notamment avec les 4 éléments : le feu, la terre, l’eau, l’air. Je me suis aussi trouvée près d’un volcan en éruption, j’ai rencontré des chamans, des personnes qui travaillent avec le feu, avec les chants et moi, j’ai voulu traduire cela en images. Je souhaitais qu’elles soient aussi magiques que ce que je pouvais vivre. Dans ce livre, je me montre en tant que femme nue, non pas pour me montrer, mais pour que tous les humains se retrouvent au travers de cette communion avec tout ce qui m’entourait.


© Photo : Autoportrait - Laurine Matt


V : Bravo, cela fonctionne bien. J’ai envie de dire que ce livre est un témoignage de vous et au-delà. Posons-nous un instant : racontez-nous vos voyages, vous qui avez parcouru le globe, car même eux ne sont pas communs. Il ne s’agissait pas juste de partir avec un appareil photo autour du cou et de photographier des monuments… Il est évident que dans votre objectif, vous alliez à la rencontre des habitants, des lieux visités.


L : Mon premier électrochoc a été Singapour, ville un peu jungle, j’avais 20 ans. S’en est suivi New-York, ville qui m’a élevée dans la photo : le rêve américain, car ensuite j’ai enchaîné avec la Californie, l’Utah, le Texas…

Après, j’ai deux pays coup de cœur d’Amérique Latine, où je pourrai certainement vivre :

le Mexique et la Colombie ! Cela m’a vraiment connecté à la nature, aux animaux…

Dans le même temps, j’étais dans des situations dangereuses : comme par exemple en Honduras où les hommes avaient des flingues à chaque coin de rue, même s’il ne m’est rien arrivé en fin de compte.

Cependant, c’est à Paris où j’ai eu le plus de problèmes avec les comportements des hommes et en Turquie.

Là-bas, les hommes pensaient que comme je posais, j’étais accessible, facile, limite à vendre sur le marché.

Et cela va vous sembler étrange, mais la Turquie est un coup de cœur aussi : avec Constantinople, entre autres, chargée d’histoire, le Bosphore, l’eau, les couleurs orangées dans le ciel…

Aujourd’hui, j’aimerais y retourner mais c’est vraiment trop dangereux...


V : Vous avez mis un autre projet en œuvre et c’est par ce biais que je vous ai rencontré. Il est sans enjeu. Vous vous exposez en photo avec « votre Homme » Mathias Holder. Qu’est-ce qui vous a donné envie à tous les deux de poser votre amour aux yeux du monde ?


L : On aime la photo tous les deux et l’amour est l’essence de tout pour nous. Pourquoi ne pas le partager, démontrer ce bonheur d’être à deux. Donc tout simplement, nous avons créé une page sans nous demander l’impact que cela aurait.


© Photo : @paulinaweddings - Modèles Laurine Matt & Mathias Holder


V : Chers lecteurs, sachez que Mathias (photographe également) est aussi à nos côtés. Donc la question que je vous pose Mathias : pourquoi avoir eu envie de poser avec Laurine ?


Mathias Holder : C’était pour lui faire plaisir avant tout (sourire).


V : Qu’est-ce qui vous plait, vous intéresse dans la photographie ?


M : Eh bien, comme Laurine, c’est de capter les caractères des personnes, ce qu’elles ne peuvent pas dire. Je trouve que dans chaque photo, on peut voir au travers des masques que les personnes peuvent porter !

Les lumières, les couleurs, il y a tellement de belles choses auxquelles on ne fait pas trop attention. La photographie les met en valeur autour de nous.


@ben_la_peill pour l'agence privilège - © Laurine Matt


V : Quel est votre parcours en parallèle de la photographie ?


M : A l’origine, je suis technicien en électricité et informatique et je me tourne maintenant vers l’artistique.


V : En tout cas, ce que vous nous montrez tous les deux, c’est la solidité du couple. Dans ce projet où vous avancez à petits pas japonais et vous vous laissez porter par le vent, qu’est-ce qui vous intéresse dans cette intimité partagée ?


M : J’ai eu beaucoup de mal avec l'intimité au départ prise en photo. Mais c’est une belle chose de pouvoir s’ouvrir, être soi, s’accepter et la photographie le permet.


L : En fait, ce que nous mesurons, c’est que nous avons la chance de pouvoir nous montrer tels que nous sommes et que ce qui va être capté restera naturel. Nous n’allons pas le rechercher exprès. Nous partageons en y mettant de l’amour autour.


V : Passons Ă  nos petites questions incontournables.

Qu'est-ce qui vous inspire dans la vie ?


L : Tout. La vie m’inspire, les choses de la vie, la peine, la joie, la tristesse, les émotions. Le vivant. Je ne suis pas inspirée par les statues ! Alors qu'un plat peut m'émouvoir, car il y a l’âme de quelqu’un dedans. La vie simplement est mon inspiration. Je suis inspirée quand je suis en mouvement car il m’amène dans l’échange, dans la rencontre. Cela provoque des électrochocs et c’est fort ce que je vis alors. Par exemple, comme ces deux jours de Pentecôte à Paris. C’est « wow », ça me ressource.


V : Qu’est-ce qui vous pousse toujours plus loin et pourquoi ?


L : J’en n’ai jamais assez. J’en veux toujours plus. Je ne suis jamais satisfaite de ce que je fais. Je veux pouvoir faire plus, donner plus, m’élever. Je ne veux pas me contenter de choses acquises.


@stessyncindy pour l'agence privilège - © Laurine Matt


V : Quelle jeune femme ĂŞtes-vous en 2021 ?


L : En 2021, je pense être une jeune femme ouverte, accessible, je n’ai plus peur de dire ce que je pense, de partager, de manière visuelle ou orale. Je suis une femme comblée.


V : Quel sera votre petit pas d’après ?


L : Continuer à communiquer, donner l’envie, comme vous, c’est beau ce que vous faites sur La Voix Du Coaching avec vos interviews auprès d’artistes qui communiquent différemment, je trouve ça génial.


V : Que dites-vous aujourd’hui à la petite fille / la petite Laurine que vous étiez ?


L : La petite Laurine était muette. Elle a bien fait d’être calme, elle a eu raison de construire cette bulle de protection, de se préserver.


V : Encore une petite chose, quels sont vos 3 mots inspirants du moment et que vous accepteriez de partager avec nos lecteurs ?


L : Croyance, Libération, Spiritualité.


V : Merci infiniment Laurine car j’aurai passé des heures fabuleuses avec vous, notamment le shooting mais c’est un autre sujet. Merci également à Mathias. C’est un beau projet que vous portez tous les deux.


L : Merci de votre confiance, je suis touchée que vous m’ayez choisie parce qu’à Paris, il y a tellement de personnes dans l’art. Je suis très heureuse.

Quel bel instant privilégié aux côtés de Laurine, en cette journée parisienne.

Chers lecteurs, nous vous invitons à découvrir son exposition qui aura lieu à Paris du 8 au 10 Juillet, avec l'équipe de la Belle Étoile ! En attendant, usez et abusez des liens de ses sites et de la lecture de son bel ouvrage.


Prenez soin de vous !


© Photo : Laurine Matt


Mise en page : Cynthia Akel



Voice and image with photographer Laurine Matt



© Photo : Self-portrait - Laurine Matt


The image is this essential mirror to our facial expressions, to our reflections of souls and emotions, to our appearances and pageantry. There is this other voice of ourselves, the one which does not say but which can be seen ! Sometimes raw, sometimes soft, sublimated, retouched, intense, photos are our daily memories, essential to the transmission to our descendants and which question the humans that we are. Laurine MATT is one of those rare photographers who “shoot” at the rate of her clicks, for chic-choc-class shots. Let us listen to her story, in which the voice of "her Man", Mathias HOLDER is discreetly invited.


© Photo : @paulinaweddings - Models Laurine Matt & Mathias Holder


Virginie Servaes : Dear Laurine Matt, hello, I am so happy to welcome you to La Voix Du Coaching Blog. There are several recurrent questions for all blog guests, here is the first one : In this beautiful month of May and a very special period of soft exit to our 3rd lockdown, what is your voice telling us about yourself ?


Laurine Matt : First, Virginie, thank you for welcoming me on La Voix Du Coaching and for interviewing me. I'm touched. To answer this question, I would say that certainly, my voice corresponds to the weather outside which is completely in motion, in change, solar, windy, it moves ! There are a lot of things going on, like inner storms where things need to come out ! I'm not used to communicating, speaking is not necessarily my strength, however it seems to come easily to me today ! To the effect that things must be shared differently and not only visually. So there it is, the month of May brings me to talk and it’s quite beautiful.


V : Your career is just atypical and incredible, could you describe it to us in a few words ?


L : Keeping it short, because otherwise it would take hours (smile), my journey brings together a bit of courage, madness, letting go, failures too, fears, because there have been some following peculiar experiences as a woman ; and also stand up again and rise !


The more we leave the failures of the beginnings behind us, the more we evolve! And wow, it's so beautiful what was brought to me next !


The discovery of who I am is linked to photography. Photography, on the body, to accept me as I am, with everything that may have come out of me... Free me from my emotions ! It was such an experience. And now it’s me who is releasing other people's emotions.


V : Just so our readers can understand, did you start your career as a model, or as something else ?


L : I started out with marketing studies and at the same time I was contacted to take pictures. I couldn't as I worked in the wine industry. As soon as I finished my studies, I came to Paris. Paris was very complicated for me, I lived in a 15 sqm (160 sqf) studio apartment, I didn't know anyone...


The modeling agencies would tell me "no, no, no, you don't have the profile...", I didn't have a portfolio, I had no background in this field. And for a year it was a hassle !


Until I met with a photographer who opened the first doors to me and those of travel ! It worked better abroad than here !


© Photo : Céline Russo - Portrait of Laurine Matt


After 5-6 years as a model, New York has been one of the cities that has opened up so many opportunities to me. And after that, a lot of photographers I've posed for, whether American or French, said to me: "But why don't you go to the other side of the lens ?". And I didn't understand, and I was like, "What can I do ? I don't have the style, I don't know ! ". And finally, I started by relying on this experience, indeed, I learned a lot by posing. Now I am a photographer and I thrive so much!


V : So, what exactly caused this switch to occur at some point ? Because beyond the photographers who encouraged you, did you also have this desire to be both in the dark and in the light ?


L : Yes, I had that click because they told me, they believed in me and I didn't. But, when I got the device in my hands, wow ! I found my style and I freed myself a lot more. Because at first, I was copying other people's styles, which froze me in a certain diagram ! Then there was a moment when I put myself in an energy, I needed to release, to let go of something that was inside of me ! I needed to capture who the people were, I was in another process where I questioned people, which gave my style !